Quoi de plus plaisant que de prendre la route un vendredi soir, en plein "début-de-vacances-de-la-construction", alors que les automobilistes se transforment en chauffeurs de go-kart et que les magasineurs sont compulsifs et agressifs dans tous les stationnements...
***
Sérieusement, on est en temps de pandémie et je crois que je n'ai jamais vu autant de personnes dans ce centre commercial à "ciel ouvert"... ça joue du coude, ça se regarde bêtement par-dessus le masque souvent glissé sous le nez (aaah...) et ça ne se tasse pas quand toi, tu dois passer avec ton môme qui hurle dans son fauteuil roulant et qui, tsé, DOIT rouler sur le trottoir AVEC sa mère derrière pour le guider parce qu'il ne peut PAS marcher et prendre "moins" d'espace, même s'il se tasse... tsé, un fauteuil, ça ne roule PAS sur une roue... tssss.
***
Bref, quand nous sommes arrivés devant le portier, ce dernier à plissé les yeux en guise de sourire (c'est là où je vous jure, mesdames-qui-avez-si-peur-des-rides, qu'avoir des pattes d'oie, c'est vachement sexy ET surtout sympathique en temps de masquage-des-expressions-faciales!!!) et a salué X-Boy tout en nous posant les questions d'usage à savoir si on avait un quelconque symptôme associé à THE virus-mondialement-détesté-et-détestable.
Il nous a ensuite guidé vers l'ascenseur et à notre arrivée à la clinique, la secrétaire nous a immédiatement reconnus et a "vu" X-Boy se cogner la tête avec violence contre l'appui-tête de son fauteuil... Elle a convenu : "Oh... encore son otite, X-Mom?" Ce à quoi j'ai soupiré : "Je ne sais plus... Est-ce possible? Il se frappe encore plus fort la tête depuis hier après-midi... J'ai beaucoup de difficulté à le contrôler... Il est rendu très grand et très fort...". La secrétaire nous a reposé les mêmes questions à propos de la COVID et nous nous sommes installés dans la salle d'attente. Pour une cinquième fois en cinq semaines. La chaise commence à avoir mes marques de fesses, c'est peu dire.
Devant nous, il y avait une mère et sa grande ado. L'ado pianotait sur son cellulaire tandis que la mère observait avec beaucoup de compassion le gamin qui se tapait la tête avec sa main... main que je tentais de contrôler en la prenant délicatement et en lui faisant faire des "high five" pour lui changer les idées... car méchante mère, j'avais oublié de lui apporter un jouet... (fatigue? mais voyons!)
Après une vingtaine de minutes à ne plus savoir comment lui retenir la main, j'ai eu l'idée de "voler" un gant de latex mauve et de le gonfler afin d'en créer un mini-ballon-en-forme-de-pseudo-pie-de-vache... Le jouet "homemade" a heureusement suscité beaucoup d'intérêt chez le garçon qui s'est même mis à rire (!!!) en taponnant les doigts-gonflables!
La mère s'est mise à rigoler tout bas et a dit : "Wow... il est tellement charmant, votre fils... je l'ai vu tout de suite quand il est entré; il absorbe toutes les énergies, bonnes et mauvaises... tel un ange d'une douceur impressionnante...".
- Vous le voyez "doux" malgré sa violence à se taper la tête?, lui ai-je répliqué en riant.
- Bien sûr... on le voit clairement que c'est la douleur qui le fait agir ainsi... car il dégage une telle pureté... une telle gentillesse.
Mes yeux se sont mouillés... Car en effet, c'est ce qui définit le mieux X-Boy. Et c'est ce qui me manque le plus ces derniers temps... Son calme et sa douceur envers lui-même et envers les autres...
Elle a proclamé haut et fort : "Il FAUT qu'il passe avant ma fille... c'est insupportable qu'il souffre autant!!!".
J'ai ri. Car elle arborait une telle force de caractère dans une si frêle stature... Sa fille était tout son contraire, par ailleurs! Un contraste magnifique.
Devant nous, il y avait une mère et sa grande ado. L'ado pianotait sur son cellulaire tandis que la mère observait avec beaucoup de compassion le gamin qui se tapait la tête avec sa main... main que je tentais de contrôler en la prenant délicatement et en lui faisant faire des "high five" pour lui changer les idées... car méchante mère, j'avais oublié de lui apporter un jouet... (fatigue? mais voyons!)
Après une vingtaine de minutes à ne plus savoir comment lui retenir la main, j'ai eu l'idée de "voler" un gant de latex mauve et de le gonfler afin d'en créer un mini-ballon-en-forme-de-pseudo-pie-de-vache... Le jouet "homemade" a heureusement suscité beaucoup d'intérêt chez le garçon qui s'est même mis à rire (!!!) en taponnant les doigts-gonflables!
La mère s'est mise à rigoler tout bas et a dit : "Wow... il est tellement charmant, votre fils... je l'ai vu tout de suite quand il est entré; il absorbe toutes les énergies, bonnes et mauvaises... tel un ange d'une douceur impressionnante...".
- Vous le voyez "doux" malgré sa violence à se taper la tête?, lui ai-je répliqué en riant.
- Bien sûr... on le voit clairement que c'est la douleur qui le fait agir ainsi... car il dégage une telle pureté... une telle gentillesse.
Mes yeux se sont mouillés... Car en effet, c'est ce qui définit le mieux X-Boy. Et c'est ce qui me manque le plus ces derniers temps... Son calme et sa douceur envers lui-même et envers les autres...
Elle a proclamé haut et fort : "Il FAUT qu'il passe avant ma fille... c'est insupportable qu'il souffre autant!!!".
J'ai ri. Car elle arborait une telle force de caractère dans une si frêle stature... Sa fille était tout son contraire, par ailleurs! Un contraste magnifique.
J'ai ainsi réagi:
- Vous êtes vraiment gentille... mais si votre fille souffre "en silence" (car elle ne se plaignait ni ne parlait... trop occupée avec son cellulaire), elle mérite tout autant de voir un docteur à l'heure prévue...
- Non, non non. Elle a 17 ans, elle est capable d'attendre. Hein, fille, que tu es capable d'attendre?
L'adolescente nous a souri et a dit gentiment : "Bien sûr... j'ai juste un petit bobo à régler et c'est ma mère qui conduit, faque... Hahaha!!!".
Un gros éclat de rire a envahi cette salle d'attente bien morne en un vendredi soir où l'esprit sociétaire était plutôt en mode "vacances".
La mère m'a raconté qu'elle avait 4 filles âgées de 16 à 26 ans et qu'elles avaient immigré il y a de nombreuses années du Liban. J'étais fascinée par son histoire, sa douceur et je me répète, sa force de caractère. Elle était vive, fière et vivante. Ça m'a fait un grand bien et X-Boy a "épongé" cette bonne humeur, car il avait cessé de pleurer/chigner et de se cogner la tête pendant cet échange qui aura duré au moins une bonne heure...
Comme l'avait exigé cette mère, X-Boy a donc "passé devant" l'adolescente et quand nous avons rencontré Pédiatre #5, cette dernière avait dans les yeux toute la détermination du monde. Il faut dire qu'il était rendu 21h00, que la clinique "fermait à 20h00" et qu'il lui restait encore des patients à voir!
- Bon, X-Mom. J'ai lu son dossier. C'est la cinquième semaine que son otite dure? Ça n'a pas de bon sens. Ça dépasse largement ma compétence de pédiatre. Laissez-moi lui regarder l'oreille et s'il y a encore une rougeur, j'envoie dans les cinq prochaines minutes une requête au Children Hospital pour qu'il soit vu en urgence par un ORL...
J'ai abondé en silence.
Elle a observé l'oreille et le verdict est tombé. Le conduit était encore rouge, l'enfant se tapait encore la tête et je suis repartie avec une nouvelle prescription de gouttes otiques, de même qu'une forte suggestion de lui donner du Advil/Tylenol en alternance pour le soulager...
Elle m'a dit qu'elle ne connaissait pas les "procédures en temps de COVID pour les consultations en ORL à l'hôpital", mais qu'elle espérait qu'il serait vu le lendemain ou le surlendemain.
***
Pendant le trajet du retour, une grande fatigue physique m'est tombée dessus. Je conduisais comme un robot - par chance que je connaisse ce chemin par coeur - et je rêvais de dormir dès que nous serions rentrés à la maison...
Par chance (?), X-Boy s'est finalement endormi vers minuit et j'ai réussi à m'endormir rapidement.
***
Samedi matin, X-Boy s'est réveillé vers 6h30, en gros pleurs. De un, il avait fait caca (gooood morning nez sensibles!!) et de deux, la douleur s'était réveillée. Je lui ai donc préparé des bouchées de céréales-saupoudrées-de-Advil et j'ai prié fort fort pour que la tempête se calme un peu en cette matinée où, je l'admets, j'avais le nervosité dans le tapis...
Car en fin d'avant-midi, X-Man revenait de son périple de camping... et il faudrait que je lui annonce que X-Boy n'allait PAS encore mieux? Quand il était parti, X-Boy était pourtant ultra-joyeux et souriant... Je devrais lui expliquer que c'est en lui faisant faire ses fameux bouchons que l'otite s'était réactivée? Que la "solution future" faisait partie du problème actuel et récurrent? Et surtout que nous devrions aller au Children dans les plus brefs délais et ainsi, faire de notre "semaine de vacances en amoureux" une possible "semaine-de-pas-de-vacances-en-amoureux-pour-cause-de-garçon-malade-encore-une-fois"?. Je devais "repartir le compteur d'angoisses" de X-Man qui, je l'espérais, avait réussi à décrocher et à se refaire une santé mentale en deux nuits loin du tumulte médical? Je me sentais comme un réel oiseau de malheur...
Et en même temps, je ressentais une encore plus grande lassitude face au fait que moi, je n'avais pas pu remettre mes compteurs à zéro. Mon compteur, il spinnait encore à 13525252 et il n'arrêterait pas de sitôt...
Car tout dépendamment de la date du rendez-vous de X-Boy, nous ne pourrions peut-être pas, de toute évidence, emmener le gamin au centre de répit Philou le mardi et partir ensuite en amoureux à Charlevoix du mercredi au vendredi. X-Boy devait rester au centre de répit du mardi au dimanche. 5 nuits de répit. 5 nuits pour dormir sans souci. 6 jours pour faire "autre chose" que d'empêcher un enfant de se taper la tête, de se mordre le pouce, etc.
***
Quand X-Man est rentré, il a tout de suite vu le gamin, bien assis sur le sofa, qui se tapait la tête avec son ukulélé. Il a compris, en regardant mes yeux bouffis, que ça n'allait pas mieux. Que j'avais beau sourire et dire que "tout était sous contrôle", rien ne l'était vraiment. On a tous les deux remis en question et le répit et notre séjour en lointaine contrée. Devions-nous tout annuler? Devions-nous prévoir une longue hospitalisation?
Las de toutes ces questions, nous avons convenu de prendre les événements heure par heure. Et d'attendre l'appel de l'hôpital pour nous fixer dans nos plans.
***
Cet appel, il est arrivé lundi matin, alors que j'étais dans un centre d'achats pas très éloigné afin de faire le plein de vêtements pour le gamin qui, ma foi, a grandi en l'espace de quelques jours ces derniers temps... (et s'il partait en répit, il n'avait plus assez de shorts et de bas de pyjamas, c'est vous dire à quel point on fait du lavage souvent ici!) La secrétaire m'a donc annoncé que X-Boy serait vu jeudi matin, à 11h30.
- Vous êtes vraiment gentille... mais si votre fille souffre "en silence" (car elle ne se plaignait ni ne parlait... trop occupée avec son cellulaire), elle mérite tout autant de voir un docteur à l'heure prévue...
- Non, non non. Elle a 17 ans, elle est capable d'attendre. Hein, fille, que tu es capable d'attendre?
L'adolescente nous a souri et a dit gentiment : "Bien sûr... j'ai juste un petit bobo à régler et c'est ma mère qui conduit, faque... Hahaha!!!".
Un gros éclat de rire a envahi cette salle d'attente bien morne en un vendredi soir où l'esprit sociétaire était plutôt en mode "vacances".
La mère m'a raconté qu'elle avait 4 filles âgées de 16 à 26 ans et qu'elles avaient immigré il y a de nombreuses années du Liban. J'étais fascinée par son histoire, sa douceur et je me répète, sa force de caractère. Elle était vive, fière et vivante. Ça m'a fait un grand bien et X-Boy a "épongé" cette bonne humeur, car il avait cessé de pleurer/chigner et de se cogner la tête pendant cet échange qui aura duré au moins une bonne heure...
Comme l'avait exigé cette mère, X-Boy a donc "passé devant" l'adolescente et quand nous avons rencontré Pédiatre #5, cette dernière avait dans les yeux toute la détermination du monde. Il faut dire qu'il était rendu 21h00, que la clinique "fermait à 20h00" et qu'il lui restait encore des patients à voir!
- Bon, X-Mom. J'ai lu son dossier. C'est la cinquième semaine que son otite dure? Ça n'a pas de bon sens. Ça dépasse largement ma compétence de pédiatre. Laissez-moi lui regarder l'oreille et s'il y a encore une rougeur, j'envoie dans les cinq prochaines minutes une requête au Children Hospital pour qu'il soit vu en urgence par un ORL...
J'ai abondé en silence.
Elle a observé l'oreille et le verdict est tombé. Le conduit était encore rouge, l'enfant se tapait encore la tête et je suis repartie avec une nouvelle prescription de gouttes otiques, de même qu'une forte suggestion de lui donner du Advil/Tylenol en alternance pour le soulager...
Elle m'a dit qu'elle ne connaissait pas les "procédures en temps de COVID pour les consultations en ORL à l'hôpital", mais qu'elle espérait qu'il serait vu le lendemain ou le surlendemain.
***
Pendant le trajet du retour, une grande fatigue physique m'est tombée dessus. Je conduisais comme un robot - par chance que je connaisse ce chemin par coeur - et je rêvais de dormir dès que nous serions rentrés à la maison...
Par chance (?), X-Boy s'est finalement endormi vers minuit et j'ai réussi à m'endormir rapidement.
***
Samedi matin, X-Boy s'est réveillé vers 6h30, en gros pleurs. De un, il avait fait caca (gooood morning nez sensibles!!) et de deux, la douleur s'était réveillée. Je lui ai donc préparé des bouchées de céréales-saupoudrées-de-Advil et j'ai prié fort fort pour que la tempête se calme un peu en cette matinée où, je l'admets, j'avais le nervosité dans le tapis...
Car en fin d'avant-midi, X-Man revenait de son périple de camping... et il faudrait que je lui annonce que X-Boy n'allait PAS encore mieux? Quand il était parti, X-Boy était pourtant ultra-joyeux et souriant... Je devrais lui expliquer que c'est en lui faisant faire ses fameux bouchons que l'otite s'était réactivée? Que la "solution future" faisait partie du problème actuel et récurrent? Et surtout que nous devrions aller au Children dans les plus brefs délais et ainsi, faire de notre "semaine de vacances en amoureux" une possible "semaine-de-pas-de-vacances-en-amoureux-pour-cause-de-garçon-malade-encore-une-fois"?. Je devais "repartir le compteur d'angoisses" de X-Man qui, je l'espérais, avait réussi à décrocher et à se refaire une santé mentale en deux nuits loin du tumulte médical? Je me sentais comme un réel oiseau de malheur...
Et en même temps, je ressentais une encore plus grande lassitude face au fait que moi, je n'avais pas pu remettre mes compteurs à zéro. Mon compteur, il spinnait encore à 13525252 et il n'arrêterait pas de sitôt...
Car tout dépendamment de la date du rendez-vous de X-Boy, nous ne pourrions peut-être pas, de toute évidence, emmener le gamin au centre de répit Philou le mardi et partir ensuite en amoureux à Charlevoix du mercredi au vendredi. X-Boy devait rester au centre de répit du mardi au dimanche. 5 nuits de répit. 5 nuits pour dormir sans souci. 6 jours pour faire "autre chose" que d'empêcher un enfant de se taper la tête, de se mordre le pouce, etc.
***
Quand X-Man est rentré, il a tout de suite vu le gamin, bien assis sur le sofa, qui se tapait la tête avec son ukulélé. Il a compris, en regardant mes yeux bouffis, que ça n'allait pas mieux. Que j'avais beau sourire et dire que "tout était sous contrôle", rien ne l'était vraiment. On a tous les deux remis en question et le répit et notre séjour en lointaine contrée. Devions-nous tout annuler? Devions-nous prévoir une longue hospitalisation?
Las de toutes ces questions, nous avons convenu de prendre les événements heure par heure. Et d'attendre l'appel de l'hôpital pour nous fixer dans nos plans.
***
Cet appel, il est arrivé lundi matin, alors que j'étais dans un centre d'achats pas très éloigné afin de faire le plein de vêtements pour le gamin qui, ma foi, a grandi en l'espace de quelques jours ces derniers temps... (et s'il partait en répit, il n'avait plus assez de shorts et de bas de pyjamas, c'est vous dire à quel point on fait du lavage souvent ici!) La secrétaire m'a donc annoncé que X-Boy serait vu jeudi matin, à 11h30.
Parfait, nous serions là sans faute.
J'ai terminé mes courses et je suis embarquée dans la voiture. Le coeur gros comme un rorqual à bosses (j'ai des gros seins), j'ai mis le dernier disque de Louis-Jean Cormier pour assouvir mon besoin de "penser à autre chose"... Je roulais ainsi, les esprits dans la musique et lorsque la chanson intitulée "Quand la nuit tombe" s'est mise à jouer, j'ai éclaté en sanglots... Cormier a le don, sur chaque disque qu'il produit, d'avoir une chanson qui me rentre dedans comme un dix-roues dans un tas de plumes...
Sur la route, j'ai fait un stop et c'est là que j'ai vu des lumières rouges et bleues s'allumer. !!! Oui. Un policier me suggérait fortement de me ranger sur le côté. En moins de deux minutes, j'étais stationnée et je ne savais pas comment je ferais pour "parler" au policier. Mon visage était un champ de désespoir...
Quand ce dernier est arrivé devant ma fenêtre baissée, il m'a dit, d'un ton assez ferme "Vous rouliez 76 km/h dans une zone de 50 km/h, Madame".
Je l'ai regardé droit dans les yeux et je ne pouvais pas parler tellement je pleurais. Il a figé. Et il m'a demandé si j'étais "correcte".
Et c'est sorti ainsi, tout croche, tout vrai, tout larmoyant au maximum.
- Écoutez, Monsieur l'agent... J'ai l'air d'une catastrophe ambulante, je ne m'en cacherai pas... Je suis complètement épuisée là là... Je viens d'apprendre que mon fils a un rendez-vous au Children jeudi et c'est une excellente nouvelle... mais ça veut dire qu'il ne pourra pas aller en répit et que je n'aurai pas de vacances cet été... Ça fait 5 semaines qu'il souffre, 5 semaines que je ne dors pas bien, 5 semaines que je suis-tu juste un peu tannée que ce soit toujours compliqué avec sa santé... et la mienne... je voudrais juste avoir une semaine SANS mauvaises nouvelles, SANS douleur chez personne, SANS déceptions, SANS plans qui tombent à l'eau, SANS bruits de tondeuses dans mon quartier - parce que ça aussi, je suis tannée du bruit tout partout - et c'était une mauvaise idée d'écouter Louis-Jean Cormier, aussi... Et je la mérite tellement, cette contravention... car ça me démontre à quel point je suis à bout de nerfs, moi qui ne roule jamais plus que 10km/h de plus que la limite, car j'haïs les gens qui sont pressés et qui croient que la vitesse va leur permettre de gagner du temps à un stop ou à un feu rouge... J'haïs la société en ce moment qui ne pense qu'à elle et là, j'en ai fait partie en roulant plus vite et en ayant pu causer un accident si j'avais manqué de vigilance en plus parce que j'étais juste trop dans ma tête et dans mon marasme ambulant qui m'habite depuis le début du confinement?!!
J'ai éclaté de plus belle. Le policier m'a tendrement souri. Il devait être dans la mi-trentaine, probablement un père de jeune famille.
- Donnez-moi votre permis. Et je vois bien que vous avez besoin de ventiler... Parfois, il vaut mieux laisser sortir son trop-plein que de garder ça pour soi... Ça ne semble pas évident, la situation de votre enfant. Je peux vous demander ce qu'il a, comme maladie? Car je vois bien que vous conduisez un véhicule adapté...
Il m'a posé 1001 questions sur X-Boy. Questions auxquelles je répondais avec parfois des rires, parfois des pleurs. Je ne comprenais pas pourquoi il s'intéressait autant à X-Boy. Mais je répondais, car tsé, on répond aux questions d'un policier...
Il est parti dans son véhicule avec mon permis et j'ai sorti de la boîte à gants, le tit-paquet de mouchoirs que je réservais aux "urgences". Sur mes mouchoirs, il y avait des petites fleurs imprimées. Ça m'a fait sourire tout en me disant que c'était triste de salir des tites fleurs avec de la morve de bonne femme éplorée...
J'ai terminé mes courses et je suis embarquée dans la voiture. Le coeur gros comme un rorqual à bosses (j'ai des gros seins), j'ai mis le dernier disque de Louis-Jean Cormier pour assouvir mon besoin de "penser à autre chose"... Je roulais ainsi, les esprits dans la musique et lorsque la chanson intitulée "Quand la nuit tombe" s'est mise à jouer, j'ai éclaté en sanglots... Cormier a le don, sur chaque disque qu'il produit, d'avoir une chanson qui me rentre dedans comme un dix-roues dans un tas de plumes...
Sur la route, j'ai fait un stop et c'est là que j'ai vu des lumières rouges et bleues s'allumer. !!! Oui. Un policier me suggérait fortement de me ranger sur le côté. En moins de deux minutes, j'étais stationnée et je ne savais pas comment je ferais pour "parler" au policier. Mon visage était un champ de désespoir...
Quand ce dernier est arrivé devant ma fenêtre baissée, il m'a dit, d'un ton assez ferme "Vous rouliez 76 km/h dans une zone de 50 km/h, Madame".
Je l'ai regardé droit dans les yeux et je ne pouvais pas parler tellement je pleurais. Il a figé. Et il m'a demandé si j'étais "correcte".
Et c'est sorti ainsi, tout croche, tout vrai, tout larmoyant au maximum.
- Écoutez, Monsieur l'agent... J'ai l'air d'une catastrophe ambulante, je ne m'en cacherai pas... Je suis complètement épuisée là là... Je viens d'apprendre que mon fils a un rendez-vous au Children jeudi et c'est une excellente nouvelle... mais ça veut dire qu'il ne pourra pas aller en répit et que je n'aurai pas de vacances cet été... Ça fait 5 semaines qu'il souffre, 5 semaines que je ne dors pas bien, 5 semaines que je suis-tu juste un peu tannée que ce soit toujours compliqué avec sa santé... et la mienne... je voudrais juste avoir une semaine SANS mauvaises nouvelles, SANS douleur chez personne, SANS déceptions, SANS plans qui tombent à l'eau, SANS bruits de tondeuses dans mon quartier - parce que ça aussi, je suis tannée du bruit tout partout - et c'était une mauvaise idée d'écouter Louis-Jean Cormier, aussi... Et je la mérite tellement, cette contravention... car ça me démontre à quel point je suis à bout de nerfs, moi qui ne roule jamais plus que 10km/h de plus que la limite, car j'haïs les gens qui sont pressés et qui croient que la vitesse va leur permettre de gagner du temps à un stop ou à un feu rouge... J'haïs la société en ce moment qui ne pense qu'à elle et là, j'en ai fait partie en roulant plus vite et en ayant pu causer un accident si j'avais manqué de vigilance en plus parce que j'étais juste trop dans ma tête et dans mon marasme ambulant qui m'habite depuis le début du confinement?!!
J'ai éclaté de plus belle. Le policier m'a tendrement souri. Il devait être dans la mi-trentaine, probablement un père de jeune famille.
- Donnez-moi votre permis. Et je vois bien que vous avez besoin de ventiler... Parfois, il vaut mieux laisser sortir son trop-plein que de garder ça pour soi... Ça ne semble pas évident, la situation de votre enfant. Je peux vous demander ce qu'il a, comme maladie? Car je vois bien que vous conduisez un véhicule adapté...
Il m'a posé 1001 questions sur X-Boy. Questions auxquelles je répondais avec parfois des rires, parfois des pleurs. Je ne comprenais pas pourquoi il s'intéressait autant à X-Boy. Mais je répondais, car tsé, on répond aux questions d'un policier...
Il est parti dans son véhicule avec mon permis et j'ai sorti de la boîte à gants, le tit-paquet de mouchoirs que je réservais aux "urgences". Sur mes mouchoirs, il y avait des petites fleurs imprimées. Ça m'a fait sourire tout en me disant que c'était triste de salir des tites fleurs avec de la morve de bonne femme éplorée...
Les autres automobilistes passaient et ralentissaient pour regarder "qui" venait de se faire arrêter. Je le fais toujours moi-même, faque tsé.
Le policier est revenu avec dans ses mains mon permis et ma contravention. Il m'a expliqué que bien souvent, quand on roule, on ne se rend pas compte de notre vitesse, surtout si on écoute de la musique ou qu'on est fatigué. Je cochais les deux critères. Il m'a aussi rassuré en me disant que je n'avais pas commis une faute grave et que sur ma contravention, il avait inscrit que je roulais à 51km/h au lieu de 76. Ce qui ne me ferait pas perdre de point d'inaptitude et qui ne me coûterait pas trop cher. 49$ seulement. Il m'a demandé de prendre soin de moi, de rentrer calmement à la maison et surtout, d'embrasser fort fort mon fils parce que de toute évidence, il avait une très bonne maman.
Je l'ai remercié en pleurant de plus belle (moi, la compassion, ça m'affecte!!) et j'ai cherché mes clés. Car dans tout ce brouhaha, allez savoir pourquoi, j'avais retiré mes clés du contact et je ne les retrouvais plus!!! J'ai commencé à avoir chaud quand tout à coup j'ai pensé, "je dois les avoir mises dans mon sac à main. Comme si j'étais rentrée à la maison".
Le policier est revenu avec dans ses mains mon permis et ma contravention. Il m'a expliqué que bien souvent, quand on roule, on ne se rend pas compte de notre vitesse, surtout si on écoute de la musique ou qu'on est fatigué. Je cochais les deux critères. Il m'a aussi rassuré en me disant que je n'avais pas commis une faute grave et que sur ma contravention, il avait inscrit que je roulais à 51km/h au lieu de 76. Ce qui ne me ferait pas perdre de point d'inaptitude et qui ne me coûterait pas trop cher. 49$ seulement. Il m'a demandé de prendre soin de moi, de rentrer calmement à la maison et surtout, d'embrasser fort fort mon fils parce que de toute évidence, il avait une très bonne maman.
Je l'ai remercié en pleurant de plus belle (moi, la compassion, ça m'affecte!!) et j'ai cherché mes clés. Car dans tout ce brouhaha, allez savoir pourquoi, j'avais retiré mes clés du contact et je ne les retrouvais plus!!! J'ai commencé à avoir chaud quand tout à coup j'ai pensé, "je dois les avoir mises dans mon sac à main. Comme si j'étais rentrée à la maison".
Et c'est là qu'elles étaient.
Dans ma tête, en me faisant arrêter, j'étais "déjà" rendue chez moi...
Le subconscient nous livre des si beaux messages, après tout.
***
En rentrant, j'ai tout raconté à X-Man. On en a ri un peu ensemble puis on s'est mis en mode solution.
***
En rentrant, j'ai tout raconté à X-Man. On en a ri un peu ensemble puis on s'est mis en mode solution.
X-Boy irait quand même chez Philou dès mardi. On irait ensemble le chercher jeudi pour aller à son rendez-vous et si la solution était simple (genre des gouttes à lui administrer), on ferait confiance aux responsables du centre de répit. Après tout, les personnes qui travaillent à cet endroit sont formées pour s'occuper des besoins médicaux des enfants polyhandicapés.
Ensuite, on a annulé notre séjour à Charlevoix. En se disant que de toutes façons, on était tous les deux vraiment épuisés et que de conduire 12 heures (aller/retour) aurait été drainant. D'autant plus qu'en temps de pandémie, on se serait retrouvé à limiter nos allées et venues dans les endroits publics et on se serait retrouvé avec "encore une fois", des contraintes de "santé" (cette fois publique) à respecter et auxquelles penser dans une foule de situations.
Et le bonus dans tout ça, c'est que nous rêvons depuis des années que X-Boy puisse obtenir un rendez-vous au Children... car avoir un deuxième avis d'un autre hôpital spécialisé en pédiatrie peut s'avérer doublement bénéfique...
***
Alors voilà. On est est là.
Ensuite, on a annulé notre séjour à Charlevoix. En se disant que de toutes façons, on était tous les deux vraiment épuisés et que de conduire 12 heures (aller/retour) aurait été drainant. D'autant plus qu'en temps de pandémie, on se serait retrouvé à limiter nos allées et venues dans les endroits publics et on se serait retrouvé avec "encore une fois", des contraintes de "santé" (cette fois publique) à respecter et auxquelles penser dans une foule de situations.
Et le bonus dans tout ça, c'est que nous rêvons depuis des années que X-Boy puisse obtenir un rendez-vous au Children... car avoir un deuxième avis d'un autre hôpital spécialisé en pédiatrie peut s'avérer doublement bénéfique...
***
Alors voilà. On est est là.
Nous sommes mercredi matin.
X-Boy a passé sa première nuit loin de nous et aujourd'hui, nous n'avons RIEN à l'horaire. (Bon, ce matin, je devais aller faire réparer mes lunettes chez l'opticienne car elles ont pété, mais ça, c'est une autre histoire!)
X-Man tond tranquillement la pelouse (merci pour le bruit... mais bon), je pianote sur mon écran et ce midi, nous mangerons notre restant de resto d'hier soir. Et ce soir, nous mangerons du resto. Et demain midi? Nous mangerons du resto en sortant de l'hôpital, après le rendez-vous du gamin. On se donne une pause de cuisine. Oh oui!
Et jeudi soir... ramènerons-nous X-Boy à la maison?
Nous n'en savons rien pour le moment.
Mais cet après-midi, je vais passer mon temps de qualité dans la piscine.
À flotter.
À faire flotter mes pensées vers les hautes branches de l'érable qui nous fait de l'ombre à partir de 16h00 et des poussières.
Et qui me rappelle que la nature est forte.
Imprévisible.
Mais magnifique.
Grâce au soleil, certes, mais également
grâce à la pluie.
Et jeudi soir... ramènerons-nous X-Boy à la maison?
Nous n'en savons rien pour le moment.
Mais cet après-midi, je vais passer mon temps de qualité dans la piscine.
À flotter.
À faire flotter mes pensées vers les hautes branches de l'érable qui nous fait de l'ombre à partir de 16h00 et des poussières.
Et qui me rappelle que la nature est forte.
Imprévisible.
Mais magnifique.
Grâce au soleil, certes, mais également
grâce à la pluie.
OUF-E!!!!!!!!!!!!!!!! C'est un roman... vivement la suite! Et profite du mieux que tu peux de ces vacances autrement que celles prévues. Je connais un endroit vert, pas si loin... sourire! Allez, bizouXXXX
RépondreEffacerEn effet... c'est presque un roman! Tu as lu le billet "avant"? Je connais très bien cet endroit vert... je m'y garoche dès que je sais enfin "quoi faire" avec le gamin! Hahaha!!!
EffacerBien sûr que j'ai lu le billet d'avant, d'où le roman! J'ai pas commenté, des fois, contrairement à toi, les mots ne viennent pas, alors j'ai eu des pensées un brin magiques et douces...
RépondreEffacerHahaha... Je me demandais si tu avais lu le billet d'avant, car my god, celui-ci était tellement loooong que tu aurais pu être "épuisée"! hihihi! Mais non, tu es une lectrice A1! Merci pour les pensées magiques et douces... j'ai hâte d'écrire la suite... il y a beaucoup de douceur dans le dénouement!
EffacerAhhhhhhhhhhhh...! J'ai hâte!
RépondreEffacerLes produits chimiques utilisés dans les industries me donnent la leucémie et tout a commencé lorsque j'ai voulu quitter mon travail pour obtenir un autre emploi que lorsque j'ai reçu le diagnostic, à ce moment-là, j'avais tellement peur de mourir parce que cela avait infecté mes cellules sanguines aussi on m'a prescrit des médicaments comme le cyclophosphamide, le busulfan, le bosutinib, la cytarabine, le cytosar-U (cytarabine), le dasatinib dans tout cela, c'était juste pour me faire attendre mon dernier jour. Je me suis inspiré de ce que j'ai lu d'une dame sur un blog sur la façon dont le Dr Itua guérit son VIH / sida avec la phytothérapie, puis ils ont été écrits ci-dessous qui dit qu'il peut guérir le cancer, alors je choisis son contact sur le témoignage qu'elle a écrit puis j'ai envoyé Espérons qu'il a répondu rapidement à mon courrier, puis j'ai acheté son médicament à base de plantes et il m'a été expédié ici au Texas, je suis allé le chercher au bureau de poste afin qu'il m'indique comment le traitement me prendra trois semaines pour guérir ma maladie de leucémie, joyeusement j'ai été guérie par cette phytothérapie Dr Itua.
RépondreEffacerJe vous conseillerai également d'essayer le Dr Itua Herbal Medicine avec les maladies suivantes qu'il peut vous aider à guérir de manière permanente tels que le diabète, l'herpès, le VIH / sida, le cancer de la vessie, le cancer du sein, la maladie de Parkinson, le cancer du poumon, le cancer du sein, le colo -Cancer rectal, cancer du sang, cancer de la prostate, arthrite, fibromyalgie, carcinome corticosurrénalien. Asthme, rhume, glaucome, maladie cardiovasculaire, maladie pulmonaire, hypertrophie de la prostate, maladie d'Alzheimer, démence, cancer du vagin, cancer du rein, cancer du poumon, cancer de la peau, cancer de l'utérus, cancer de la prostate, cancer du rectum, cancer de la leucémie, hépatite, tumeurs cérébrales, amour Sort, infertilité, Hpv. GoodLuck, XoXo **** Doctor Itua Herbal Center Coordonnées ::: Email (drituaherbalcenter@gmail.com) WhatsApp - (+ 2348149277967)