Quand la tempête se fait entendre...

Plusieurs semaines plus tard dans la banlieue, je me retrouve dans la quasi-même position que lors de la rédaction de mon dernier billet...

***

Il est 19h25, X-Boy est au lit, X-Man est en camping avec son meilleure pote pour les deux prochaines nuits et je suis en solo, devant mon écran...

Sauf que, je n'ai toujours pas l'esprit plus en paix... car la tempête sévit de plus belle dans la tête/les oreilles du gamin...

***

En effet, sachez que lors de mon dernier séjour en ces pages, à la minute où j'ai fermé mon écran, X-Boy s'est mis à HURLER de douleur et ce, jusqu'aux environ de minuit et des poussières de lune... J
Et j'ai eu une réponse à une de mes questions existentielles ; X-Boy n'avait pas lui aussi, besoin d'une aussi grande solitude que la mienne et non, il ne faisait pas l'éponge de nos lassitudes... Le pédiatre consulté en ce lendemain dominical a confirmé sans appel qu'il y avait encore otite en la demeure...

Je précise "encore", car X-Boy se tape une de ses otites externes du tonnerre (et zéro guérison éclair... rhô!) depuis déjà cinq semaines... Et c'est la pure galère, car la douleur l'assourdit (tout en le rendant sourd... isssh, espérons que non!) précisément lorsqu'il se retrouve endormi...

***

Pour me soulager les neurones de cette vilaine colère qui me ronge les nerfs ces derniers temps, je vous mets ici le périple clinical (dans le sens de clinique d'urgence) que nous avons vécu, nous, braves banlieusards aux atours super-héroesques...

***

Il y a cinq semaines, j'obtiens facilement un rendez-vous à la clinique de la Grande Banlieue avoisinante qui abrite autant de magasins qu'une fourmilière commanditée par le Coscto, genre...

Mais bon, qui dit grande ville hyperpeuplée dit organisation médicale à plus grande échelle... et dans ce cas-ci, cette ville-magasinière a visé dans le mille en créant une clinique d'urgence STRICTEMENT dédiée aux 0-18 ans et dans laquelle n'oeuvrent que des pédiatres dévoués qui s'arrachent à leur milieu hospitalier pour venir sauver la populace en grande détresse...

Bref, cette clinique, elle me fait jubiler avec son système de prise de rendez-vous top-techno et sa mission de ne pas faire dépasser les deux heures d'attente à sa jeune clientèle souvent farouche et intolérante...

***

Et en tant de COVID, ça ne joue pas, à cette clinique. À l'accueil, un gardien nous pose les questions requises, nous oblige à nous nettoyer les mains, nous dirige vers le bon corridor et ouvre/ferme les portes afin que personne ne touche aux poignées-nids-à-virus.

***

Dans cette clinique, tout comme dans les hôpitaux, il y a un triage. Ainsi, une infirmière vient prendre les signes vitaux, remplit les coordonnées du patient, inscrit les symptômes et transmet toutes les informations au pédiatre qui, quelques minutes plus tard, viendra poser son diagnostic.

Rendez-vous #1: La jeune pédiatre rencontrée est catégorique : X-Boy fait une grosse otite externe, causée par la baignade et elle lui prescrit des gouttes otiques pour sept jours. Elle mentionne qu'il fait un bouchon de cire, mais qu'elle ne l'enlèvera pas pour ne pas le choquer plus qu'il ne l'est. Elle nous souhaite bonne journée et nous quittons. Pédiatre #1 était donc efficace, rapide et ultra-empathique envers le gamin qui en était rendu à se gratter le conduit de l'oreille jusqu'au sang. Ouch-e.

Sept jours plus tard, le gamin ne se calme réellement pas. En fait, cela semble empirer.

Rendez-vous #2: Une autre jeune pédiatre examine l'oreille inflammée et s'exclame : "Ben voyons... c'est sûr que le traitement n'a PAS fonctionné!!! Il a un GROS bouchon de cire!!! Les gouttes ne peuvent PAS se rendre!!! Allez, l'infirmière vient dans quelques minutes lui faire un lavage d'oreille et vous recommencez le traitement otique..." Quand je lui ai dit que Pédiatre#1 avait dit que de lui faire un lavage serait trop douloureux, Pédiatre#2 a soupiré tout en levant les yeux au ciel. Elle nous a souhaité une bonne journée en me rappelant que si le traitement ne fonctionnait toujours pas, de revenir sans hésiter. Pédiatre#2 était donc encore plus efficace, ultra-rapide et à voir le bouchon de cire qui est sorti de l'oreille du petit, hyper-compétente. (NDLR. J'ai failli vomir en voyant ledit motton. Sérieux, X-Boy??? Arrrk-e.)

Sept jours plus tard, je me questionnais réellement car bon, X-Boy n'allait toujours pas mieux et je me disais que ça devenait étrange de nous re-présenter à cette clinique... Parce qu'avec X-Boy, on ne passe pas inaperçu... et mon rire de hyène sur le 220 n'a rien pour assurer notre invisibilité...

On se rend donc pour une troisième fois à la clinique. J'avoue que j'étais un peu découragée... car si ce n'était plus son otite qui le faisait souffrir, c'était quoi? Argh.

Pédiatre#3. Un homme, dans la cinquantaine. Ultra-empathique, sympathique et tout le toutim. Il examine l'oreille du gamin et s'exclame : "Ouch... son otite est loin d'être guérie... il doit souffrir beaucoup, ce jeune homme... Parfois, les gouttes ne fonctionnent pas à 100%... je lui prescris donc des antibiotiques oraux et s'il ne va pas mieux dans 5 jours, revenez nous voir". Mon verdict: vive les pédiatres d'expérience. Ils rassurent, ils assurent et ils susurrent. Pour le troisième verbe, j'invente, mais ça sonne bien, avouez.

Cinq jours plus tard, c'est encore la débandade. X-Boy capote dès qu'il s'endort, il refuse désormais d'avaler tout ce qui s'appelle Advil ou Tylenol et le découragement parental se fait sentir...

Je me rends donc pour une quatrième fois à ladite clinique où le portier ET la réceptionniste saluent le gamin par son prénom tout en me disant "à quel point il est adorable, ce petit bonhomme" et je suis aux prises avec un syndrome de "là, j'ai l'air de quoi comme mère à toujours trimballer mon enfant dans une clinique en pleine pandémie, hein?".

Alors que nous sommes dans une petite salle pour le triage, l'infirmière se pointe avec son magnifique sourire et sa douceur constante et elle me regarde avec de grands yeux remplis de compassion... Et là, mes grands yeux se remplissent de larmes et je craque doucement, en cette matinée de canicule où je mets en doute toutes les théories les plus banales de l'univers... Car là, si X-Boy n'a pas encore sa fameuse otite, je devrai l'hospitaliser... L'infirmière m'écoute, me rassure et me rappelle qu'en tant de pandémie, justement, vaut mieux venir ici que de se rendre à l'hôpital. Et elle me dit que jamais un pédiatre de la clinique ne me sermonnera sur ma trop fréquente présence... Après tout, "votre fils, il ne parle pas et il faut trouver ce qu'il a...".

Pédiatre #4 fait donc son entrée, remplie de détermination et de droiture. Elle me questionne, observe le gamin et prend son otoscope. Elle relève automatiquement les yeux vers moi : "Pauvre garçon, son otite est bel et bien ENCORE là..." Par chance, comme j'avais verser quelques larmes plus tôt, j'étais solide pour questionner et comprendre le phénomène... Ainsi, j'ai compris qu'une otite externe ne peut PAS guérir avec des antibiotiques oraux (donc Pédiatre#3 était dans le champ?), mais que pour que les gouttes otiques fonctionnent à 100%, il ne faut, en AUCUN cas, que l'oreille infectée reçoive ne serait-ce qu'une goutte d'eau... Car le conduit se réinfectera...

À cette affirmation, j'ai hurlé de stupeur!!! Car, les deux premiers pédiatres ne m'ont JAMAIS mentionné cette condition au traitement... et croyant que l'oreille du petit "devait" être protégée par les antibios oraux de Pédiatre#3, X-Boy se baignait tous les jours dans la piscine avec nous et prenait son bain sans qu'aucune précaution à cet égard ne soit prise... !!!

Nous sommes donc repartis de la clinique avec une troisième "batch" de gouttes otiques (à 50$ la tite bouteille parce que non-couverte par nos assurances... tsss) et surtout, une consigne CLAIRE de ne pas mettre d'eau dans le tit-conduit du pauvre éclopé du cornet... (Je vous épargne la complexité vécue ici par le lavage de cheveux... )

***

Le traitement #4 s'est donc terminé ce lundi soir. X-Boy est à nouveau en pleine forme "de jour", mais "de nuit", ça reste fragile... Et hier soir, il n'a pas dormi beaucoup... il se frottait la tête contre son oreiller en chignant et a pleuré quelques fois au cours de la nuit...

Et cet après-midi, nous nous sommes rendus à une clinique auditive pour faire fabriquer des bouchons moulés au garnement afin que plus jamais, de l'eau ne lui infecte le conduit. La condition pour que le moulage se déroule était claire : le traitement antibiotique doit être terminé. Check. Aucune otite ne doit être apparente. Check.

Et à ma grande surprise, le gamin a été d'une tolérance et d'une patience exemplaire. Il n'a même pas pleurniché quand l'audioprothésiste lui a rempli les oreilles de pâte-qui-fige et il a même souri à la sortie de cette clinique.

Nous sommes donc rentrés à la maison avec a) le coeur soulagé de savoir que la vilaine otite est enfin partie et b) la hâte de recevoir lesdits bouchons-magnifiques d'ici les trois prochaines semaines...

***

Sauf que, et c'est là que mon coeur hurle de "ostie que je suis tannée!!!", depuis notre visite à la clinique, hé bien, le gamin, il se FROTTE l'oreille... il se gratte le conduit, il se tape la tête... que dis-je, il se TAPE la tête avec sa main ou avec n'importe quel jouet disponible... ET... il pleure... il chigne, il se tortille et il REFUSE de s'allonger... Ce qui, avec mon expérience, ressemble vachement aux symptômes de son otite récalcitrante??? Mais là, si l'audioprothésiste (qui n'est pas médecin mais qui voit des oreilles à longueur d'année) a dit que tout était "beau", je la crois? Ou je cours encore une fois à la clinique demain pour valider avec un Pédiatre#6?

???

Sérieusement, je ne sais plus quoi penser. Ça me fout les nerfs en boule.

X-Man est en camping et moi, je voyais ces deux prochains jours comme étant du "temps pour moi"... mais je me retrouve encore le coeur rempli d'angoisse et de lassitude de voir fiston souffrir? Argh. Et surtout, je "voulais" me coucher tôt pour dormir paisiblement...

Mais à quelle sorte de non-nuit aurai-je encore droit, hein?

Le manque de sommeil m'atteint la patience...

***

Et n'ayez crainte, alors que je rédige mon texte, X-Boy n'est pas en crise de pleurs... il pleurniche mais je sais qu'il est sous contrôle... et de toutes façons, qu'il soit à mes côtés ou dans son lit, il a le même comportement...

Mais moi, j'ai besoin de distance...

Et d'une oreille virtuelle pour me défouler.


Aucun commentaire:

Publier un commentaire