Donne-moi ton profil, je te dirai qui tu es...

Il y a une mouvance sur les réseaux sociaux (Facebook pour ne pas le nommer) qui vient me titiller la neurone intellectuelle depuis plusieurs mois...

En effet, cette manie qu'ont des milliers de personnes de partager allègrement le résultat des tests de personnalité qu'ils font me laisse perplexe.

A-t-on vraiment besoin de savoir quelle fée l'on serait si l'on vivait dans un film de Disney? De savoir de quoi on aurait l'air si on était une vedette de Hollywood? De se faire dire nos qualités par un algorithme qui, entre vous et moi, ne nous connaît ni d'Ève ni d'Adam ni du laitier???

Est-on seul à ce point dans notre société pour avoir besoin de se faire dire nos vérités, nos qualités, nos défauts, nos forces et nos faiblesses par un phénomène virtuel?

Les écrans deviennent trop souvent de réels écrans entre la réalité et la virtualité. Que nos centaines d'amis virtuels sachent que notre prénom signifie "déesse de l'amour" en arménien est-il si valorisant?

Laissez-moi être rétrograde... 

Quand j'étais ado et que j'achetais le "Filles d'Aujourd'hui" parce que sur la couverture, il y avait une photo de Tom Cruise, je ne disais à PERSONNE qu'en réalité, j'attendais avec impatience le moment où je m'enfermerais dans ma chambre avec une feuille mobile et un crayon (pas question que j'écrive dans ma revue, parce que ça biaiserait les réponses de mes amies...) et où je répondrais aux questionnaires qui me permettraient de savoir quel genre de meilleure amie j'étais ou si je serais jalouse lorsque j'aurais un amoureux...

Répondre à ce genre de questionnaires était un plaisir secret - presque coupable - et il faisait bon de garder les réponses pour moi, car ça m'appartenait. Et les réponses, je choisissais ou non de les partager avec mes amies, si la discussion s'y prêtait. 

Avec l'avènement des réseaux sociaux, on a également ce choix. Mais l'a-t-on vraiment quand "tout le monde partage" et que l'on ressent une pression inconsciente et constante de s'afficher sans réfléchir?

A-t-on réellement besoin de tous ces "j'aime" et de toutes ces réponses pour savoir qui l'on est réellement?

La question se pose, non?

En tout cas, moi, je me fous de savoir quel Beatle j'aurais été si j'avais fait partie du groupe. 

Tout ce que je sais, c'est que personne d'autre que moi ne peut me définir...  

Et que de façon bien paradoxale, j'expose des pans de mon cerveau sur une page virtuelle que vous tenez entre vos yeux en ce moment...

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