Petite garnotte, va...

Bon, je dois avoir mangé trop d'outils, car voilà que dans ma vésicule biliaire, il y a eu une poussée de petits cailloux (grandement!) indésirables...

Eh oui... je fais partie de ce lot caractéristique de patients ayant passé l'étape des "Four F's"...

Je vous explique cet acronyme d'origine anglophone qui fait "rire" les spécialistes lorsqu'ils voient arriver dans leurs urgences une patiente de cette caste "naturelle"...

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Le premier "F" est pour "Feminine".
Facile de même. La science a démontré que les pierres qui poussent dans les tits-sacs biliaires préfèrent DE LOIN les femmes... Il faut dire qu'elles ont le gêne "kangourou" assez fort... chaque mois, à partir de l'adolescence, elles portent dans leur tit-sac-utérin un possible bébé à naître... Elles ont donc une prédisposition naturelle à se transformer en "tits-nids"...

Fait # 1 : Je suis une femme. Aucun doute là-dessus. Rien qu'à voir la grosseur de mes boules pour comprendre. Tsé.

Le deuxième "F" représente le "Fourty". 
Il appert en effet qu'il est très courant de voir les femmes dans le début de la quarantaine (et pour les années suivantes) atteintes de troubles de lithiases dans la vésicule biliaire...

Fait # 2 : J'ai eu 40 ans l'été dernier. Beau cadeau. (Aurai-je préféré un blender?)

Le troisième "F" représente la "Family".

Les femmes qui ont eu un ou des enfants sont encore plus sujettes à se transformer en carrières de calculs rocheux...

Fait # 3 : J'ai donné naissance à un enfant. ET c'en est tout un...

Et le quatrième "F" représente le "Fat"...

Les femmes ayant un surplus de poids sont encore plus accueillantes envers les garnottes...

Fait # 4 : C'est là où l'urgentologue a légèrement tiqué. Paraît que je ne suis pas réellement en surplus de poids... Oui, j'ai mon bourrelet et ma carrure de sportive-sans-faire-une-tonne-de-sport... Mais comme ce doc me l'a dit "C'est une généralisation, les "Four F's"... Les patientes n'ont nécessairement "tous" les critères chaque fois... Mais vous, vous avez clairement une pierre de 7 mm à la vésicule, on la voit très bien à l'échographie!".

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Ainsi, depuis la semaine dernière, je vis avec ma garnotte interne.

Et j'attends la troisième crise.

Car désormais, je sais ce qu'ont été les deux épisodes ultra-souffrants que j'ai vécus au cours de la dernière année... Je comprends maintenant ces douleurs insupportables qui m'ont clouée, les deux fois, au lit pendant trois heures exactement. Il faut préciser que j'ai la garnotte très droite, côté temps. Mes deux crises ont duré 3 heures pile-poil... Et les deux fois, je suis restée à la maison.

Et j'ai appris que le "cue" pour se rendre à l'hôpital, c'est lorsque la crise dure PLUS de trois heures... Parce qu'après trois heures de souffrance, paraît qu'il peut y avoir des complications et l'on se fera opérer d'urgence pour retirer la fameuse vésicule biliaire...

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Le critère pour se faire opérer "de façon planifiée", c'est d'avoir fait 3 crises. Donc le jamais deux sans trois s'applique ici à la science? Ouh! Le hic, c'est que je n'ai PAS envie d'avoir une troisième crise... Même si je "sais désormais" ce que c'est, souffrir ainsi n'est PAS un passe-temps passionnant...

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Et, en ce contexte de pandémie, l'urgentologue m'a bien fait comprendre que mon nom serait inscrit sur la liste des "chirurgies à planifier", mais que je n'aurais pas de nouvelles avant deux ou quatre mois...

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La première nuit où j'ai su que j'avais une pierre qui roule et n'amasse pas mousse, mais en fait faire par exemple! (hahah), je n'ai pas bien dormi du tout! Ayant le cerveau très imaginatif lorsque la nuit s'étend sur nos têtes, je me réveillais sans cesse en sursaut aussitôt que je bougeais... car dans mon imaginaire, la pierre était telle un niveau de construction... Si je ne restais pas droite, elle irait tout de go se loger dans le tit-canal et resterait bloquée, la vilaine! Et je me taperais une troisième crise d'enfer...

Au petit matin, quand j'ai compris que c'était là une idée bien farfelue que cette histoire de "niveau fait en rock'n'roule", j'ai éclaté de rire. (À défaut de me faire éclater la vésicule, tsé!) J'ai raconté ma théorie d'anxieuse à X-Man qui m'a dit que j'étais vraiment "weird la nuit". (Merci pour le compliment... ça voudrait dire que je ne suis PAS weird le jour??? Ouuuuh!).

Puis, je me suis mise à angoisser sur le "quand arriverait cette troisième crise"... Et à me sentir comme si je portais en moi une petite bombe... Ça m'a replongée, inconsciemment, dans une hypervigilance... comme je l'ai tant vécue en surveillant constamment X-Boy lors de ses pauses respiratoires...

Il a fallu que je me ramène rapidement à la réalité. Car dans ce contexte de pandémie, l'angoisse d'attraper la saprée COVID19 était déjà un facteur de stress présent dans mes neurones... Avais-je besoin d'en rajouter avec une simple garnotte?

La réponse fut non.

Et je me la répète depuis, quand, de façon subtile, je crois avoir mal dans l'abdomen, du côté droit, tout près du sternum...

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Il m'est si facile d'accueillir Madame-Angoisse. De me mettre à "spinner" dans ma tête en sortant tous les "si" du monde... Et si je faisais une crise au volant, alors que X-Boy est également dans la voiture? Et si je faisais une crise alors que X-Man est à l'extérieur pour plusieurs jours? Comment pourrais-je me rendre à l'hôpital "avec ou sans X-Boy"? Et en temps de pandémie? Qui pourra venir s'en occuper dans la maison alors que les visites à l'intérieur sont interdites? Et comment je ferai pour m'occuper de X-Boy après la chirurgie si je ne peux pas soulever de poids pendant un mois? Et si on me découvre "autre chose" lors de l'opération? Et si je chope la COVID19 en étant à l'hôpital? Et si je dois être en quarantaine, j'irai où? Et si je chope la C-Difficile, parce que ça se peut, ce genre de malchance? Et si je fais une réaction allergique à la médication anti-douleur? Et si Vénus est en Capricorne et que les coccinelles se transforment en papillons de nuit???

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Il est vrai que l'écriture est thérapeutique... car en écrivant ces dernières phrases, je me suis mise à rigoler tout fort... Ai-je réellement tout ce poison dans le cerveau? Wow...

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Relativisons un peu.

Chaque jour, un accident est possible. Est-ce que l'on s'empêche de prendre notre voiture pour autant? Non.
Chaque fois que l'on monte ou descend des escaliers, l'on peut tomber et se fracturer un os. Est-ce que l'on a des ascenseurs dans nos maisons? Non.
Par ailleurs, un ascenseur, ça peut bloquer. Hihi.
Chaque jour, peu importe notre âge, on peut avoir un AVC ou un arrêt cardiaque. Ça se voit chez les plus grands sportifs, chez les gens sans comorbidité. Est-ce qu'on se loue une chambre aux soins intensifs pour y vivre jusqu'au grand drame?
Non.

Alors qu'est-ce qu'on fait?

On vit.

Et c'est ça que je fais en ce moment...

Je vis avec ma garnotte.

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Et mercredi prochain, j'aurai un premier rendez-vous téléphonique avec le chirurgien qui sera en charge de me retirer la tite-poche-productrice-de-roches.

J'ai obtenu un rendez-vous en moins d'une semaine...

Chance?

Destin?

Non...

C'est seulement la vie qui suit son cours...

et qui me dit que l'on m'aidera à ne pas marcher trop longtemps avec ce genre d'étrange caillou dans le soulier...


4 commentaires:

  1. Contente de voir que tu as recommencé à écrire!

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  2. Hihi! Peu à peu, mon cerveau retrouve ses neurones d'écriture!!! Vive le retour à l'école du petit, quoi! ;)

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  3. Dans toute cette histoire, ce que j'ai retenu, ce sont les coccinelles transformées en papillons de nuit... le rêve!!! Tu es ma championne préférée du cerveau en délire, quand on se compare, on se console, haha! Et puis Clo pourra t'en dire long sur les petits cailloux, me semble qu'elle s'était offerte, elle aussi, ce genre de cadeau! BizouXXX

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  4. Hahaha! Je ne me souvenais même plus que j'avais écrit cette lubie sur les coccinelles! Eh oui, j'en ai parlé avec Clo qui a eu cette infime chance de produire de la garnotte elle aussi! Vive la quarantaineeeeeeeee!

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