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Il en est de ces hasards de lectures qui ne pouvaient mieux tomber... En parcourant la section "romans graphiques" de la bibliothèque, j'ai saisi sans hésiter Blankets de Craig Thompson, car je me souvenais de m'être fait dire, il y a quelques années, qu'il FALLAIT que je lise ça, "franchement".
En effet, ce roman graphique fait désormais partie de ces livres que je regrette de ne pas avoir découvert avant. Ma bibliothèque souffre en ce moment d'un manque de ce pavé de 582 pages...
Tout d'abord, les détails techniques.
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Vous avez ici les détails en clair... et oui, le titre est en anglais parce que bon, l'éditeur est Français... mais pour une fois, la non-traduction dudit titre ajoute ici un petit plus qui nous amène tout de go dans l'univers américain et enneigé que nous propose cette bande dessinée de longue haleine.
Le fameux ISBN: 978-2-203-11120-2
Et même si ça date de 2003, il n'y a rien dans ce bouquin qui pourra le rendre désuet. Promis juré.
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J'ai lu ce roman graphique ultra-volumineux en plein jour, parce que le poids du livre l'obligeait. J'aurais eu une tendinite à lire cette brique dans mon lit, c'est assuré.
Mais le plaisir de lire sous la lumière du soleil a fait de cette expérience de lecture, un moment que je n'oublierai pas de sitôt. Lire cette bd en plein hiver, alors que dehors c'est un peu la tempête, que les écoles sont fermées et que le gamin joue bien tranquille sur le sofa, la tête appuyée sur les genoux de sa vieille mère emmitouflée dans une doudou-ours-polaire relève presque d'un cliché Pinterest, non? Soit. Parfois, la vie est une photo instagram que l'on gardera pour soi. (et que l'on partagera sur un blogue, mais en mots seulement...) Héhé.
Telle une Linus, j'ai traîné mon "Blankets" partout avec moi dans la maison, pour ne pas perdre le momentum au cours des tâches obligatoires à effectuer dans une journée "normale"... Comme si les personnages allaient s'en aller si je les quittais... Je me disais que je ne pouvais pas ne pas terminer ce livre en une seule journée... Le défi était de taille, mais le bonheur était tout aussi grand...
L'histoire de ce roman graphique est à saveur autobiographique. Parfois, ce genre littéraire s'avère un peu lourd, un peu trop mélodramatique, un peu trop déjà-vu. Ce n'est pas le cas de Craig Thompson qui livre ici un pan de son enfance, et surtout de son adolescence, de façon si habile que l'on en vient à parfaitement saisir l'univers paradoxal dans lequel il a malheureusement - ou heureusement - évolué. Le bédéiste nous permet d'entrer dans un monde où la religion catholique domine et les pensées, et les traditions. Où toute divergence d'opinion est perçue comme un danger mortel. Un tel discours s'avère parfois choquant, parfois étouffant.
Dans le fin-fond du Wisconsin où se déroule l'histoire, on assiste à une prise de conscience d'un adolescent qui, grâce à un esprit plus ouvert, se met à questionner les dogmes en place et ressent d'une part toute la possibilité de s'affranchir et d'autre part, toute la culpabilité de détruire un monde en place qui soutient si solidement sa famille... Et tout à coup, lorsque l'amour se pointe le bout du nez pour lui faire oublier l'hiver permanent, il y a une nouvelle porte qui s'ouvre... et qui, dans ce cas-ci, ne se refermera jamais...
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Le dessin de Thompson, en noir et blanc, est si vif, si clair que les couleurs auraient fait perdre l'essentiel du propos. Je me suis surprise à m'arrêter, parfois, pour contempler plusieurs images et à me demander comment diable (ahah) fait-il pour rendre les émotions aussi réelles et dans les regards et dans les gestes de ses personnages... Il y a plusieurs pages que j'avais envie de photocopier pour les afficher sur mes murs... car dans plusieurs cases, l'amour naissant (et ensuite avéré) entre les deux adolescents est réellement palpable. On ressent la gêne, le désir, la retenue, le petit-papillon-naissant et surtout, toute la tendresse du monde qui se vit entre deux amoureux.
Je crois par ailleurs que le fait que la neige et l'hiver soient parties prenantes des décors confère à cette bande dessinée une dimension encore plus enveloppante... Le mot Blankets prend ainsi tout son sens... On a besoin d'une couverture pour mieux dormir lorsqu'il fait froid. Et au petit matin, même si l'on sait que le réveil sera brutal, il faut savoir la retirer et sortir de cette couverture pour affronter la journée... et la réalité.
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Vous aurez deviné, ma note pour ce roman graphique est:
Comment tu peux avoir une bibliothèque chez toi et ne PAS avoir ce livre dedans???
En guise de conclusion, je vous laisse sur cette image...
Bon, bon, bon, tu nous titilles la curiosité, hum!
RépondreEffacerHéhéhé, mission accomplie! Sérieusement, ta bibliothèque municipale serait fautive de ne pas avoir ce pavé dans ses rayons! ;)
EffacerPeut-être pas ma biblio, mais sûrement dans le réseau. je vais attendre qu'il me confirme l'arrivée de l'autre BD et ensuite je ferai mes recherches pour celle-ci!
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